« La pornographie juvénile blesse grièvement tous les enfants : elle blesse l’enfant qui est agressé sexuellement dans la production des images; le même enfant est de nouveau une victime chaque fois que l’image est regardée… Parce qu’aucun enfant ne devrait être une victime de cette façon horrible, aujourd’hui nous nous engageons à redoubler d’efforts pour renforcer la lutte internationale contre la pornographie juvénile. »
– Ministres de la Justice et de l’Intérieur du G82
En règle générale, plus de 90 p. 100 des Canadiens sont préoccupés par la distribution d’images d’enfants exploités sexuellement, et l’exploitation sexuelle d’enfants figure parmi les trois premières préoccupations des parents concernant les enfants3. Le nombre d’accusations relatives à la production et à la distribution de pornographie juvénile a augmenté de 900 p. 100 entre 1998 et 20034.
Malgré ces préoccupations évidentes, le problème de l’exploitation sexuelle d’enfants au moyen d’Internet peut parfois sembler aussi difficile à aborder qu’à régler. Malheureusement, nous n’avons pas le choix. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire l’autruche parce que le problème croît. Et il empire de façon exponentielle. Les images sont de plus en plus violentes et les enfants dans ces images de plus en plus jeunes.

Le présent rapport donne un aperçu de l’exploitation sexuelle des enfants au moyen d’Internet : où nous en sommes, ce que nous avons accompli, les lacunes qui existent et ce que nous devons faire pour les corriger. Plus précisément, le rapport fournit un résumé de la portée du problème et un bref historique des progrès réalisés jusqu’à maintenant. Plus important encore, il présente neuf recommandations concernant les images d’enfants exploités sexuellement, ou « pornographie juvénile », aux ministres de la Justice et de la Sécurité publique ainsi qu’aux responsables du Centre national de coordination contre l’exploitation des enfants de la Gendarmerie royale du Canada et ceux du Centre de la politique concernant les victimes du ministère de la Justice.
Les recommandations visent le terme « pornographie juvénile » en soi, les limitations de nos lois actuelles concernant le respect de la vie privée et les graves implications qu’elles ont pour les jeunes victimes, l’importance d’allouer plus de ressources pour identifier et secourir les enfants exploités, la prise en charge adéquate des victimes identifiées et l’aide pour qu’elles s’en sortent, et le besoin d’arrêter la distribution de ce matériel odieux.
Ces recommandations sont conformes aux responsabilités du gouvernement du Canada envers les victimes, comme il est décrit dans la Déclaration canadienne des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes de la criminalité, la Charte canadienne des droits et libertés et divers engagements du gouvernement auprès des Nations Unies et du G8.
Si elles sont acceptées, ces recommandations feront une différence dans la vie d’enfants innocents et aideront à faire du Canada un chef de file mondial pour ce qui est d’identifier les victimes et de répondre à leurs besoins.